lundi 24 janvier 2011

Je l'ai creusé moi-même!

Au point de me répéter, je me dois d'insister sur le fait que les Ethiopiens sont trèèèèèès religieux. Au point qu'un bougre de paysan a crié sur tous les toits que Dieu lui a ordonné de creuser une chapelle dans une falaise.

S'étant mis d'accord sur la commande et le cahier de charge, notre paysan a donc creusé seul pendant 10 ans cette chapelle aux dimensions très respectables!
Un moine (un peu illuminé certes) montrant fièrement le marteau et le burin dudit paysan.
Il a creusé certes, mais il s'est arrêté là! Et c'est ça qu'est dommage! Il aurait pu poncé tous ces coups de burin!
Vu l'entrée, il a quand bien buriné dans dans la bonne roche!

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mercredi 19 janvier 2011

Célébration d'une messe de chrétiens orthodoxes

En entrant dans l'église (très jolie d'ailleurs), voilà que les prêtres chantent (justes) mais que tout de même certains se sont endormis. Je partage cette réflexion peu catholique avec mon guide qui s'excuse pour eux de leur fatigue, mais précise qu'ils chantent depuis 12h. Mêmes les petits garçons ont passé fait la nuit blanche en somnolant. Les grandes cannes des prêtres ne servent d'ailleurs à rien d'autre que s'appuyer pour un petit roupillon discret.
Hommes et femmes sont séparés dans l'église (Je n'ai pas osé demandé si c'est habituel ou bien si c'est parce qu'ils yont passés toute la nuit). Ils sont tous drapés de blancs, donc c'est pas toujours facile de trouver son côté;)
Derrière le rideau, seuls les prêtres sont autorisés, car c'est la partie sainte de l'Eglise.
Les prêtres (à bout de souffle), certainement heureux de voir le jour pointer et de se permettre un petit vin (de messe) pour après.
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Mekele, ville de la résistance

Mekele se trouve au Nord-Est, et sérieusement, ce n'est pas la ville la plus fantastique du pays! Toutefois, elle reste intéressante car elle est le bastion de la Résistance et de l'armée qui a fait chuter les Derg...
En résumant très vite, en 1974l'Empereur Hélié Sélassié (retenez son nom pour les Trivial Pursuit) est déchu et assassiné par le colonel Mengitsu, qui officialise un régime communiste dictactorial. 10 plus tard, c'est à son tour d'être renversé par le Front de Libération du Tigrey, région dont Mekele est la capitale.
Le TFL est encore au pouvoir aujourd'hui d'ailleurs. Mais bref, me voici donc en train de déambuler dans le mémorial aux martyrs morts pour la cause. Comme les monuments l'indiquent (pas la balle de golf, les autres), les représentations sont très concrètes, et font un peu penser (en tout cas à moi) aux images de la guerre "romantiques" et de brousse, genre guerre d'Espagne ou Libération de Cuba.
En effet, l'accent est fortement mis sur le côté "Libération", et sauveur du peuple du tyran. Si c'est en partie vrai et si la révolution a effectivement remis le pays debout, la liberté d'expression et de rassemblement politique sont encore loin. Cette guerre d'Ethiopie a aussi donner lieu à de nouveaux lieux "touristiques". Pendant la guerre, le régime de Mengitsu était soutenu par les Russes. Ces derniers ont notamment envoyé des chars et des avions, mais sans instructeur. L'utilisation n'était donc pas optimale, et parfois les chars étaient abandonnés. Les rebelles du Tigré étaient donc passés maîtres dans l'art du vol de blindés. Aujourd'hui, les cimetières d'avions et de chars russes de cette guerre se visitent...
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Mr Guillaume reprend du service.

Après avoir (re-)visité la ville d'Addis avec mes nouveaux amis Mike et Muna, ceux-ci m'ont demandé si je pouvais donner un cours d'Anglais à leurs élèves. Une manière sympathique pour moi de les remercier.

Me voici donc "reprendre du service", auprès des étudiant(e)s en coiffure. Faute de place oblige, le cours se donne au milieux de bigoutis et des sèches cheveux.
Un auditoire captivé (évidemment), et très féminin aussi...J'avais le choix entre la classe "Coiffure" et la classe " Plomberie". Un choix rapide. Pus sérieusement, bien qu'on soit en coiffure, le fait qu'il y ait surtout des filles qui apprennent dans ce genre de classe-formation, c'est parce que les garçons continuent l'école jusqu'au secondaire, qui se donne en anglais. C'est pour cette raison que les Ethiopiens ont un très bon niveau d'anglais (ce qui facilite le tourisme). Toutefois, la situation de l'éducation des filles en Ethiopie est bien meilleur que dans le reste de l'Afrique.
Et bien évidemment, la photo de classe! Et deux heures plus tard, dans l'avion pour Bruxelles, avant que la neige n'arrive! Suite au prochain post
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mardi 18 janvier 2011

Addis Abbeba, ouvre-toi!

La religion est super importante en Ethiopie. Ce sont les premiers à avoir accepté le christianisme comme religion d'état. Pour autant, ils sont orthodoxes, et ont pris cettre drôle habitude, très peu catholique vous en conviendrez, de prier à l'extérieur alors qu'ils se sont pris la peine d'édifier de magnifiques églises.

Et avant la prière, on est prié de passer chez le prêtre embrasser les 4 coins de la croix.

Et quand personne ne vient l'emm..pour toucher son crucifix, il pleure dans son bouquin d'avoir oublié ses lunettes! Ou bien il se marre parce qu'il a mis ses "Converses 1987" et qu'on est dimanche!
Une fervente s'agenouille devant Ray Charles!!! Ce dernier, humble, préfère l'ignorer et se recueillir...une vraie star!
Cathédrale St Georges; Une église comme rarement vu en Afrique. Mais comme ils aiment dire :"Nous ne sommes pas Africains, nous sommes Ethiopiens". Une différence qu'ils précisent fièrement en expliquant qu'ils sont les seuls à n'avoir jamais été colonisés. En effet, en 1896, a Adwa, une armée équipée de lances mit fin aux prétentions des Italiens.
Commentaire de (Guigui) Colon: Certes, on peut les féliciter...Mais bon, c'était les Italiens! S'il y a bien des spécialistes de perdre les guerres c'est les Italiens. Mussolini en Bulgarie, ou en Ethiopie, c'était pas César...)
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En voilà une grande idée! Au lieu d'édifier les églises comme la plupart des civilisations, ceux de Lalibela préfèrents les construire en les creusant! Les pilones sont donc excavées, et taillées dans la roche!

Alors que l'Eglise catholique cherche des vocations, les moines éthiopiens se poussent pour être au premier rang...
Il semble que parfois, ils ont été un peu feignasses et ont un peu délaissé l'extérieur de certaines églises...
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L'Eglise Saint Georges (oui, encore...c'est le patron du pays...C'est un peu comme la Grand'Place en Belgique ou la rue Victor Hugo en France) de Lalibella est réellemen surprenante!
Et voici la preuve qu'on a pas besoin de faire des grands plans avant de construire. On trace une grande croix au sol et puis on creuse autour..
Mais on creuse beaucoup hein!! Cette église a gagné un concours UNESCO et elle est considérée comme la 8ème merveille du monde...
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vendredi 26 novembre 2010

1ere projection du film!

Que de temps depuis le dernier post! M'excuse...Le fait est qu'une certaine routine s'est installée, même au Burundi, et que les idées d'articles à potentiel intéressants n'est plus aussi puissant qu'auparavant. Mais avec les longues vacances qui s'annoncent...on reprendra. En attendant, voici quelques jolies photos de notre première projection publique de notre film!
Le play-boy qui parle, c'est Brice, qui a réalisé le film. Etant donné qu'il travaille à l'ONU, on leur a donné la primeur du chef d'oeuvre. Après la projection du film donc...La bonne séance de questions-réponses, qui à mon avis était une vraie réussite! De bonnes questions, et pas trop longues.
Effectivement, j'aurais pu me lever, mais je ne m'attendais à prendre la parole. (J'aurais aussi pu le faire les yeux ouverts...). Remarquez comme le colonel canadien m'écoute avec attention. Un bon exercice donc avant....le 14 janvier! A cette date, nous projettons le film encore plus publiquement au Centre Culturel Français...C'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup...c'est peu l'Imagibraine ou l'UGC De Brouckère de la ville...
D'ici le 14 janvier...Petit voyage en Ethiopie pendant 15 jours, et après je vous retrouve à Bruxelles!
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vendredi 10 septembre 2010

Voyage au Congo, en avant l'aventure

Lors d'une magnifique fête dont Buja a le secret, un de mes amis me propose de partir pour Bukavu, au Congo. Super excité, j'accepte! Mais peut-être que la prochaine fois, je prendrai le temps de m'organiser...le Congo, c'est pas Luxembourg! Ainsi le matin même de mon obtention de mon visa, nous trouvons enfin une voiture prête à nous emmener jusque Bukavu. Auparavant, tout le monde refusait car la route congolaise est trop mauvaise! d'habitude, on passe par le rwanda, mais nous n'avions pas le visa.
Après moultes péripéties d'avant départ que je vous épargne les détails(on est parti 12h, soit avec 4h de retard.), nous passons à la frontière congolaise (sans payer de backshish!). Mais juste avant de commencer la montagne, le moteur de la voiture s'arrête...le chauffeur n'avait pas mis d'eau! Retour dans la ville d'Uvira, recherche d'une voiture à louer...l'enfer! Finalement on trouve un minibus, juste pour 2...
Si la vue est fantastique, c'est aussi vrai que la route est très mauvaise, surtout quand on a pas de Jeep. On a passé 3h à sauter dans ce minibus...Mais bon, c'est l'aventure congolaise!

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jeudi 9 septembre 2010

Le Lac Kivu

Le Port de Bukavu: La photo pourrait être prise de plus près, mais il est interdit de prendre des photos au Congo. Cela nous a d'ailleurs coûté 20$ de corruption pour une photo du port de Goma. Au début le charmant policier demandait 500, mais comme j'avais pris en otage son GSM qui a l'option "caméra", je lui ai dit que j'étais prêt à faire un échange...
Une petite photo en flag...
Et une dernière avant d'arriver sur Goma!
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mardi 7 septembre 2010

Goma! La ville en cendres

Depuis Bukavu, nous avons traversé tout le Lac Kivu du Sud vers le Nord pour nous retrouver à Goma. En 2002, la ville a été victime de l'éruption du volcan Nyriagongo. La lave a traversé toute la ville et détruit tout le centre et a fini sa course dans le Lac. Aujourd'hui, la lave a séché mais n'a jamais été retirée. Ce qui est en fait très perturbant car cela assombrit toute la ville; les routes sont noires, les maisons sont noires, les jardins sont noirs...Et rien n'est plat, ce qui est vraiment très très éprouvant...C'est vraiment un luxe le plat! Ici bas sur la photo, la parcelle de "mes voisins".
Cette ville est tout simplement centrale à tous les événements de la région. En 1994, elle servit de base arrière pour l'Opération Turquoise de l'armée française qui au lieu d'arrêter les génocidaires rwandais, les protégèrent des Rwandais et les installèrent dans des camps de réfugiés a Goma. La présence de ses Hutus génocidaires furent la raison officielle de l'invasion de la ville par les forces rwandaises en 1996. Puis en 1998, Ougandais et Rwandais se battaient pour l'or. Aujourd'hui, les collines autours sont encore plein de rebelles au régime congolais.
Sinon, c'est aussi la première fois que j'entendais parler d'une "mafia belge". Elle réunit Flamands et Wallons autours de ventes illégales de différents matériels aux ONG et même à l'ONU...
Mais ni les guerres, ni les violences, ni les rebelles ne sont une raison pour ne pas faire appel à un ingénieur quand on construit une toilette!
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Fin des élections.

Ce mardi 7 septembre, nous terminons (enfin) le tour des élections. Pour la 4ème fois donc en trois mois, je suis le seul présent au Ministère. Cela diminue le rendement de la Santé, et me permet de me consacrer à ce blog. C'est maintenant au tour des Collinaires, l'équivalent des communales. En réalité, le suspense n'est pas intense. En effet, les 3 premières élections (législatives, présidientielle et communales) ont été gagnées par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD.
Du fait des tricheries dénoncées aux législatives, le président a été le seul candidat à sa propre succession. Aux législatives 5 partis ont participé pour "légaliser" la victoire du CNDD-FDD. La victoire est telle que des analphabètes vont siéger au Parlement pour voter des lois qu'ils ne comprennent pas. Mais c'est la démocratie.

Comme la photo le montre sans ambiguïté, les Burundais étaient heureux d'aller voter. Ceux que nous avons interrogés voulaient "donner leur avis, participer à la vie politique". Par contre ceux qui n'ont pas voté voulaient marquer leur soutien aux opposants du régime qui ont dû quitter le pays pour leur sécurité.

Maintenant que les présidentielles sont finies et que tout est en ordre, la situation au Burdundi est redevenue très calme. Les mesures de sécurité ont été levées et ces dernières élections se passent très tranquillement.

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jeudi 2 septembre 2010

Rencontre avec un Seigneur de Guerre!

J'avais prévu d' écrire sur le système de mutuelle et de poster mes photos d'assemblées générales de mutualistes dans les campagnes perdues du centre du pays. Je dois encore vous expliquer ma folle escapades dans les contrées congolaises...

Mais pas de photos, et pas de "comment ça marche au Burundi...quelle expérience super" etc..."! Non! Encore une fois, pour le film Bang for Your Buck, j'ai démontré mes grands talents de Public Relations! En effet, après interviewé une dizaine de victimes de grenades ou de kalashnikovs, nous avions besoin d'un marchand d'armes, un vrai!

Officiellement, le pays est tout à fait désarmé. En réalité, on sait tous que le pays est encore rempli de stock et que l'acheminement par le Congo et la Tanzanie existe! Mais au delà, des dimensions "internationales", nous, on avait besoin de l'intermédiaire entre ces "pays", l'international et la rue. D'un mec qui met entre les mains des enfants des vrais AK-47 pour tirer sur les passants et qui leur apprend à jongler avec des grenades!

Mission Impossible? Cela m'a pris en tout et pour tout une après midi! Ca m'a d'abord pris 5 minutes de courage pour expliquer ce que je recherchais à un des chauffeurs du ministère. Ca m'a ensuite pris 10 minutes pour qu'il m'explique comment, en tant que tutsi, il défendait son ethnie, et son quartier, armé jusqu'aux dents en dressant les barrages ou en patrouillant dans les rues...A 14 ans!
La grande question ensuite: -"Et qui t'as donné ton arme?"

-J-P, il est comme mon grand frère!
- Quoi? ca veut dire que tu le vois encore? Est-ce que tu crois que je peux le rencontrer!
-Ca dépend, je vais prendre contact avec lui, et puis je te dis quoi...

4h après, on avait son accord, il attendait plus qu'un coup de téléphone pour savoir où on pouvait le rencontrer.

Aujourd'hui, donc pour déjeuner...Mon marchand d'armes!

L'homme arrive avec 45 min de retard, donc à l'heure...Il est plutôt grand, et quand il me serre la main, je recompte mes doigts. Habillé comme un peintre en bâtiment, Jean-Pierre assez atypique. Les dents de devant ont disparu, mais il parle vite, interrompt ce qui est encore plus rare au Burundi, et il est très sur de lui : "Je suis l'homme qu'il vous faut".

Off record, il explique comment il recevait les armes des rebelles congolais, comment il achetait les mitraillettes des Hutus rwandais en fuite mourant de faim et sans habit.
Maintenant que la guerre est finie, il a pu conserver certaines armes, un peu de tout. Son business est plus que florissant.

Demain et ce week-end il part à l'intérieur vendre ses armes aux rebelles qui se regroupent au Nord du pays. Il m'a proposé de venir pour filmer...Papa, Maman; j'ai refusé!

Voilà, il y a un an, j'ai pris une giffle pour prétendre vendre des armes (si, si...si vous ne connaissez pas cette histoire, demandez là moi, j'adore la raconter!). Aujourd'hui, je les rencontre! Et finalement, "sa petite entrepriiiiiiise, connaît pas la criiiiise!"